Brouillon d'écriture - Voir l'œuvre - 7 juillet 2005

Brouillon d'écriture

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7 juillet 2005

 
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didou



Inscrit le: 29 Mai 2005
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MessagePosté le: 10/07/05-17:54    Sujet du message: 7 juillet 2005 Réagir/Répondre en citant

Je viens de lire le poème de nada, et je me suis dit que ça me ferait du bien d'écrire un peu.
Londres, 7 juillet 2005, aux environs de 9h a.m.
Je suis partie deux semaines à Greenwich, voyage linguistique. On visitait Londres tous les jours, on se promenait tranquillement l'après-midi... C'est une jolie ville, agréable aux premiers jours de l'été. Et puis un jeudi matin, tout a changé.
Pour une fois, nous partions à Windsor. En écoutant la radio, nous avons su vers dix heures qu'il y avait eu des attentats dans Londres. On nous parlait de six stations de métro, et d'un bus... A ce moment, je me suis dit : "je suis encore en vie, et on s'éloigne de Londres", j'étais plus que soulagée. Et puis environ deux heures après, je me suis dit que d'autres étaient à ma place, à l'endroit où j'aurais pu me trouver. Et là, j'ai un peu culpabilisé.
Nous devions visiter le château de Windsor, mais celui-ci étant un palais d'Etat, les portes étaient fermées et bien gardées. Tous les avions revenaient vers les aéroports, des militaires, des policiers circulaient sans arrêt. Nous avons mangé et nous sommes ensuite allés dans une boutique où la télévision était allumée. Je n'ai regardé que quelques images, juste le temps de voir le British Muséum derrière un spectacle horrible, l'endroit où nous nous trouvions la veille... Et un instant, je ne savais plus si j'étais encore là. Je crois que j'avais l'impression de vivre en dehors du temps, sur une autre planète, très loin de tout ça. Et je raconte des choses tellement illogiques ! D'ailleurs, il n'y avait plus aucune logique ce jour là. Nous nous moquions de nos parents qui nous appelaient, juste pour rire un peu, mais de nervosité plus qu'autre chose. Au lieu de partir à quatre ou cinq, nous faisions des groupes de quinze. Nous étions dans un pays fermé, dans un lieu encore préservé mais sans aucune issue... Il fallait bien revenir vers Londres, entendre les sirènes la nuit au loin...
Sur le chemin du retour, j'écoutais la radio avec une attention exagérée, je comptais les morts au fur et à mesure. A seize heures, les médias en comptaient trente-neuf, personne ne voulait le croire. Je comprenais tout, ce qui est plutôt rare. Je voulais savoir, juste entendre des gens en parler, me montrer que les évènements étaient très graves et que nous avions eu beaucoup de chance. Je me suis sentie très proche des londoniens, et de tous ceux qui étaient blessés, morts ou choqués par ce qu'ils avaient vu.
Le soir dans la famille, les regards étaient vides, nous ne parlions presque pas, sauf pour demander si tout le monde allait bien ou s'imaginer l'organisation des bagages, et le passage à la frontière deux jours après. Ce soir-là, je n'avais pas peur comme tous ceux qui attendaient en France. Je réalisais à peine ma chance alors que d'autres avaient souffert....
Je suis rentrée en France hier soir. Nous étions tous bien soulagés de voir la lumière du jour à la sortie du tunnel, enfin chez nous ! S'il m'arrive à nouveau quelque chose de similaire, je serai dans le même état, on ne peut pas s'habituer...


Dernière édition par didou le 13/07/05-11:31, édité 1 fois
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Lau



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MessagePosté le: 12/07/05-13:21    Sujet du message: Réagir/Répondre en citant

très fort..tout dans la nuance...un beau témoignage...émouvant..

"D'ailleurs, il n'y avait plus aucune logique ce jour là. Nous nous moquions de nos parents qui nous appelaient, juste pour rire un peu, mais de nervosité plus qu'autre chose. Au lieu de partir à quatre ou cinq, nous faisions des groupes de quinze. Nous étions dans un pays fermé, à un endroit encore préservé mais sans aucune issue... Il fallait bien revenir vers Londres, entendre les sirènes la nuit au loin...
Sur le chemin du retour, j'écoutais la radio avec une attention exagérée, je comptais les morts au fur et à mesure. "

ce passage est magnifique, il montre toute l'ambiguité du moment...le besoin de dédramatiser et puis l'angoisse qui s'infiltre peu à peu....


bravo. merci. c'est vraiment un texte utile.


bisous
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Armani-IochiAzzuri



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Messages: 3
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MessagePosté le: 13/07/05-17:34    Sujet du message: Réagir/Répondre en citant

Je viens de m’inscrire et curieusement, ce sera le premier sujet auquel je donne réponse.
Lors de cette tragédie, j’étais au Etats-Unis, à des kilomètres de Londres cependant je n’ai pu m’empêcher de me percevoir affecté par ce drame, des amis résidé en Angleterre pour un stage à cette époque, lorsque j’ai pris connaissance de cette nouvelle, en un instant, en une parole, j’avais la désagréable impression que tous s’anéantissaient sous mes pieds .Je fus rassuré au plus vite , mes amis n’étant pas victime de cet attentat. Cependant en cette journée fut le deuil de chacun, nous ne pouvons que nous insurger vis-à-vis de cette manifestation que l’on ne peut qualifier. Elle nous concerne tous, je me joins à la douleur des proches des victimes et tous ceux qui étaient en ce jour à Londres.

C’est pourquoi je reprendrais les paroles du maire de Paris, M.Delanoe, qui a dit, je cite « Face à cette tragédie nous somme tous Londoniens » , fin de citation.

Ton texte m’émeut, je ne débattrais pas sur le style de rédaction, partant du principe qu’il y a le fond de la forme, le fond étant plus important que la forme.

Sincèrement.
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Invité





 


 

MessagePosté le: 24/08/05-10:50    Sujet du message: Réagir/Répondre en citant

Ah, tu as lu mon poème, je suis heureuse de voir que je ne suis pas la seule à qui ça a donné envie d'écrire...
Biz !
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